Le courriel et la communication publique
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Le courriel, le journalisme et la communication publique, selon l'étudiante Geneviève Labrecque
L’étudiante établit tout d’abord le lien
qu’elle perçoit entre la communication publique et la technologie observée, le
courriel. Selon elle, le courriel représente un outil indispensable aux
journalistes, acteurs indispensables à la communication publique. Dès lors,
vous aurez compris que le point de vue adopté par rapport à cette technologie
est le journalisme. Dans ce sens, elle ajoute que la communication publique
s’est trouvée enrichie de la technologie du courriel puisque cette dernière
aurait favorisé la communication bidirectionnelle permettant aux journalistes
de se créer plus de contacts et de recevoir de l’information rapidement. Elle
ajoute également que ces professionnels de la communication publique voient
leur travail amélioré grâce aux téléphones intelligents, lesquels permettent de
prendre les courriels partout, en tout temps.
L’exemple d’utilisation du courriel donné par
la blogueuse est fort intéressant. Elle propose ici un concept propre au métier
du journaliste. Il s’agit de l’entrevue par courriel. Utilisée avec prudence,
l’entrevue par courriel permet au journaliste de sauver du temps notamment en
évitant les déplacements, nous dit-elle. Des désavantages sont également
soulignés, incluant l’effet impersonnel de l’entrevue par courriel. Enfin, la
blogueuse ajoute qu’il n’est pas possible pour le journaliste de s’assurer de
la véracité de l’information reçue ou de l’identité du correspondant.
Son opinion et sa critique sont alors teintées de négatif et de positif. Elle affirme que bien que le journaliste n’est plus en
mesure de se passer de cette technologie principalement grâce à la rapidité
qu’elle offre, les désavantages de celle-ci lui font croire que ce n’est pas un
bon outil de travail pour les journalistes. Elle se base sur le fait que le
courriel manque de confidentialité et qu’il peut engendrer une mauvaise
interprétation du message. Enfin, elle croit que le courriel est une tâche
supplémentaire qui peut faire perdre du temps aux journalistes, ce qui explique
son opinion négative par rapport à cette technologie.
Le point de vue du relationniste
Le rapport entre les journalistes et
l’utilisation du courrier électronique est un sujet bien couvert dans la
littérature. C’est tout le contraire de la relation des relationnistes avec le
courriel (Duke, 2002 : en ligne, point 2.4 premier paragraphe). Malgré
tout, les nouvelles technologies de l’information n’ont pas profité uniquement
à cette première catégorie d’acteurs de la communication publique. Ces
nouvelles technologies, comme le courrier électronique, permettent aux
relationnistes d’améliorer, par exemple, les conseils stratégiques donnés à
leurs clients (Vardaman Porter et al., 2001 : en ligne, 13e
paragraphe). La photo ci-dessous illustre l’évolution de la technologie en
général.
![]() |
| (Tran, 2010 : 204) |
Tout comme les journalistes, les relationnistes se sont approprié le courrier
électronique à leur façon et l’ont adapté à leurs besoins, comme le démontrent
les phases quatre et cinq.
Bien sûr, l’utilisation qu’ils en font est très
différente de celle faite par les journalistes. Malgré tout, certains besoins
sont similaires. La rapidité, par exemple, est tout aussi nécessaire pour le
relationniste que pour le journaliste. Moins le relationniste perd de temps à
contacter, diffuser ou justifier ses messages, plus il a de temps pour autre
chose, comme l’a démontré l’étudiante à propos du journaliste.
Le courrier électronique est un outil
nécessaire dans le travail des relationnistes lorsqu’il est question des
relations avec les médias (Duke, 2002 : en ligne, 1er
paragraphe). Tout d’abord, le courriel rendrait plus facile l’accès à la
couverture médiatique, selon les relationnistes (Duke, 2002 : en ligne, 1er paragraphe). Dans ce sens, il
est facile de conclure que le courriel est très utile aux relationnistes, car
l’obtention de la couverture médiatique représente une partie importante de
leurs tâches en tant que relationnistes (Duke, 2002 : en ligne, point 4.1
2e paragraphe). Plus encore,
86% des relationnistes interrogés dans une étude auraient affirmé que le web en
général a amélioré leur travail de relationniste (Duke, 2002 : en ligne, 1er
paragraphe).
Dans un autre ordre d’idées, le courriel permet
au relationniste d’intégrer plusieurs documents en lien avec l’objet du
message. Par exemple, lorsqu’une firme de relations publiques est chargée de
faire la promotion des produits d’une compagnie, elle peut facilement insérer à
un courrier électronique des images de ces produits, un lien vers le catalogue
en ligne et un message principal mettant en haleine le destinataire. Il a été prouvé que l’ajout de photos, de
vidéos ou de tout autres documents relatifs à un argumentaire de relationniste
rehaussaient ce dernier (CNW, 2010 : en ligne, 20e paragraphe).
En insérant plus de documents relatifs à leur nouvelle, les relationnistes
voient leurs chances augmentées de voir leur nouvelle publiée par les médias,
car ceux-ci aiment avoir beaucoup d’information à se mettre sous la dent.
Les relationnistes ont notamment pour but de
créer des relations à des fins déterminées pour leurs clients. Ce faisant, il
est important qu’ils détiennent une liste de contact d’une grande envergure.
Comme le dit bien Bernard Dagenais, «le succès du relationniste s’exerce aussi
au niveau de ses contacts (Dagenais, 1999 : 133)». Fort heureusement pour
eux, le courrier électronique leur permet de créer plusieurs listes de contacts
selon les différentes catégories souhaitées afin de rapidement distribuer leur
message et ainsi rejoindre un grand public en peu de temps. Dans ce sens, le
courriel permet aussi aux relationnistes, tout comme aux journalistes, de
maintenir des liens de confiance. En envoyant un simple courriel de «joyeuses
fêtes», par exemple, le relationniste ne perd pas de temps, mais contribue au maintien
de la bonne relation entre lui et les journalistes ou clients. Encore une fois,
cet outil s’avère facilitant dans le travail des relationnistes.
Désaccord et opinion
Dans son premier essai, Geneviève Labrecque
conclut que «les désavantages du courriel dans le milieu journalistique
font pencher la balance et vont jusqu’à me faire penser que ce n’est pas un bon
outil de travail pour les journalistes (Labrecque, 2012 : en ligne)». Les
désavantages en question sont ici le manque de confidentialité, la possibilité
de mal interpréter les messages et le très grand nombre de pourriels
(Labrecque, 2012 : en ligne).
Bien que les désavantages soient justifiés et
véridiques, je crois que de considérer la technologie du courriel comme un
outil inadéquat au travail des journalistes n’est pas réaliste. En effet, nous
avons vu plus haut que certains disaient que cette technologie était
essentielle aux journalistes notamment grâce à la rapidité qu’elle offre. Par
ailleurs, une étude faite auprès des journalistes a démontré que le courriel et
le téléphone seraient à égalité quant à la méthode préférée des journalistes
pour communiquer avec leurs sources (Duke, 2002 : en ligne, point 2.3, 1er
paragraphe).
Or, je crois pour ma part que le courriel est
un bon outil pour les journalistes, mais l’est d’autant plus pour le
relationniste. Malgré tout, l’un n’est pas dissociable de l’autre, car si l’un
utilise cette technologie, l’autre doit faire de même. En 2006, on disait alors
que les relations entre ces deux groupes allaient devenir plus virtuelles et
que les moyens de communications électroniques allaient modifier cette
relation de travail (De Schepper et al., 2006 : 36). Dans ce sens, une étude a démontré que 66%
des relationnistes considéraient comme très importante l’utilisation du
courriel quant à la relation avec le journaliste (Duke, 2002 : en ligne,
point 3.3, 2e paragraphe). Plus encore, une étude réalisée par CNW
en 2010 nous fait part qu’à l’avenir, de plus en plus de journalistes
pourraient se fier sur les relations publiques, compte tenu du personnel réduit
et de la croissance fulgurante de l’utilisation des médias sociaux (CNW,
2010 : en ligne, 1er paragraphe).
Dans cette même étude, il est mentionné que les
journalistes utilisent prioritairement le courriel en ce qui a trait aux argumentaires
qu’ils reçoivent : «Quand il s’agit de la présentation d’un argumentaire, la méthode
de communication privilégiée des journalistes est le courrier électronique»
(CNW, 2010 : en ligne, section médias et RP, 2e paragraphe).
Il est même
démontré que traditionnellement, les préférences des journalistes sur la façon
de recevoir l’information dictent en quelque sorte la façon dont les relations
publiques doivent fournir cette information (Duke, 2002 : en ligne, point
2.4, 2e paragraphe).
Plus que jamais, les journalistes sont à la
recherche d’information accessible rapidement : «Une charge de travail accrue, des délais
moins longs et une concurrence plus féroce poussent les journalistes à chercher
de nouvelles sources d’information (CNW, 2010 : en
ligne, dernier paragraphe)». Ce faisant, il est difficile de penser que le
courriel ne serait pas un bon outil pour eux.
Or, contrairement aux journalistes, les relationnistes
n’ont pas un aussi grand besoin de ressentir les émotions à travers
l’information reçue, c’est pourquoi le courriel est plus approprié aux
relationnistes qu’aux journalistes. Outre ce détail, les désavantages et les
avantages vus au cours de cet essai et dans celui de Geneviève Labrecque sont
sensiblement attribuables aux deux groupes. Ce qui est certain, c’est que les
journalistes ont besoins des relationnistes et vice versa dans
l’accomplissement de leur travail (De Schepper et al., 2006 : 37).
Utilisation du courriel dans les relations
publiques
L’utilisation du courriel dans le travail
quotidien du relationniste est à la fois similaire, à la fois différente de
celle des journalistes. Tout comme ces derniers, les relationnistes ont eux
aussi un besoin d’accessibilité à leurs contacts, ce qui leur est permis par le
courriel et par les listes pouvant être créées avec cet outil. Ils ont
également le besoin de créer, maintenir et entretenir des relations avec ces
contacts. Dans les deux cas, les contacts représentent une composante inhérente
à la réussite de leurs tâches.
Toutefois, les relations publiques ont, pour
leur part, besoin de rejoindre un grand nombre de personnes à la fois par
courriel, ce qui n’est pas toujours le cas pour le journaliste. De plus, le
relationniste a l’habitude d’offrir de l’information par courriel, aux médias
par exemple, tandis que le journaliste va plutôt utiliser le courrier
électronique pour acquérir de l’information.
Ce faisant, le relationniste peut, avec le courriel,
maintenir de bonnes relations avec ses contacts qui sont son principal «gagne-pain».
Il peut également utiliser le courrier électronique pour envoyer ses
communiqués de presse (Duke, 2002 : en ligne, point 3.3, 2e
paragraphe), ou faire de la promotion pour un client. Plus encore, le
relationniste utilise le courrier électronique pour rejoindre les médias et
obtenir une couverture de presse. Sur le sujet, une vidéo faite par une
relationniste donne des astuces sur quoi écrire et comment le faire aux
médias :
(PRconversations, 2011: en ligne)
Enfin, le relationniste peut notamment utiliser
le courrier électronique pour faire parvenir des invitations à des événements.
Aujourd’hui, les relationnistes combinent ce genre d’envoi par une annonce sur
les réseaux sociaux à leurs abonnés ou dans leurs messages privés. Le message
que vous voyez apparaître ci-dessous est une invitation m’ayant été faite par
une firme de relations publiques de Québec pour m’inviter au premier
anniversaire d’un restaurant (SVP voir note en bas de page[1]).
La même invitation a été envoyée par courrier
électronique traditionnel (excluant les médias sociaux) à la liste de contacts
de la firme de relations publiques en question. Vous pouvez également prendre
connaissance du RSVP dans le bas qui doit être fait par courriel. Par cet
exemple, il est possible de prendre connaissance de l’importance du courriel
pour le relationniste. C’est d’abord sa façon de faire de la promotion, de
maintenir un contact et de recevoir les confirmations des invités.
Conclusion et pistes de recherche
L’exemple donné ci-haut m’amène à me demander
si les médias sociaux ne dépasseront pas, un jour, le courrier électronique
traditionnel. Comme vous le savez peut-être, notre compte Facebook détient
maintenant une adresse de messagerie pouvant être utilisée à l’externe. Ce
faisant, d’une boîte courriel Outlook ou Hotmail par exemple, quelqu’un serait
en mesure d’envoyer un courriel sur le compte Facebook d’un membre.
Il y a quelques mois, un événement Facebook
d’une grande envergure a fait prendre conscience à plusieurs que nos courriers
électroniques et nos messages privés sur les médias sociaux n’étaient pas aussi
«privés» que nous pensions. Sur le sujet, un article résume les
événements :
http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/24/facebook-messages-prives-timeline-2008-2009_n_1909593.html
(Provost, 2012 : en ligne).
Plus récemment, l’affaire du directeur de la
CIA exposait le monde entier à des dangers encore non mesurés aujourd'hui. Par des échanges
par courrier électronique, deux membres d’une organisation de sécurité nationale auraient
transmis des informations plus que personnelles à des sources externes. Sur le
sujet, voici un article troublant de CNN exposant l’ampleur et la gravité de
l’utilisation du courriel dans cette affaire : http://www.cnn.com/2012/11/12/us/petraeus-cia-resignation/index.html
(Pearson, 2012 : en ligne).
Après avoir lu ces deux articles, nous sommes
en droit de nous demander qu’en est-il du contrôle de l’information par
courriel? Bien que le courriel soit un outil de communication privé, il
reste, compte tenu des deux exemples mentionnés ci-dessus, une source
potentielle de conflits à grande échelle. Le courriel expose chacun qui
l’utilise à un certain niveau de danger. Notons par ailleurs qu’il n’est pas
«compliqué» pour des «hackers» de s’infiltrer dans des boîtes de courriels
personnelles pour y dérober soit de l’information, soit l’identité des
personnes. Le contrôle de l’information par courriel serait alors un sujet de
recherche fort intéressant qui devrait débuter par l’affaire Petraeus…
[1] Compte tenu du caractère privé du courrier électronique, il était impossible de démontrer son utilisation réelle. L’exemple personnel pris ci-haut a été approuvé par le professeur.
Bibliographie
CNW. 2010. «Étude : les relations
publiques occupent une place plus importante que jamais dans les nouvelles
salles de presse», Groupe CNW, [En
ligne] URL : http://smr.newswire.ca/fr/cnw/study-public-relations-more-important-than-ever
(consulté le 28 novembre)
Dagenais, Bernard. 1999. Le métier de relationniste. Québec, Les presses de l’Université
Laval, 249 pages.
De Schepper, Séverine et al. 2006. Étude des relations entre journalistes et
relationnistes, le point de vue des journalistes. Chaire en relations
publiques de l’UQAM, 49 pages.
Duke, Shearlean. 2002. «Wired science :
use of World Wide Web and e-mail in science public relations», Public Relations Review, vol. 28 numéro
3. [En ligne] URL : http://www.sciencedirect.com.ezproxy.bibl.ulaval.ca/science/article/pii/S0363811102001352
(consulté le 29 novembre)
Labrecque, Geneviève. 2012. «Essai 1,
dissertation sur le courrier électronique», [En ligne] URL : http://genevievelabrecque01.wordpress.com
(consulté le 21 novembre)
Pearson, Michael. 2012. «The Patraeus affair :
a lot more than sex», CNN, [En ligne] URL : http://www.cnn.com/2012/11/12/us/petraeus-cia-resignation/index.html
(consulté le 29 novembre)
PRconversations. 2011. «PR tips: How to Email the Media», [En ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=ZnCt4wRDK_4 (consulté le 28 novembre)
Provost, Lauren. 2012. «Facebook : d’anciens
messages privés apparaissent dans les timelines, comment les effacer»,
Huffington Post, [En ligne] URL :
http://www.huffingtonpost.fr/2012/09/24/facebook-messages-prives-timeline-2008-2009_n_1909593.html
(consulté le 29 novembre)
Tran, Sébastien. 2010. «Quand les TIC
réussissent trop bien dans les organisations : le cas du courrier
électronique chez les managers». Management
et avenir, vol. 4 numéro 34, p. 200 à 215.
Vardaman Porter, Lance et al. 2001. «New
technologies and public relations : exploring pratitioners’ use of online
resources to earn a seat at the management table», Journalism and Mass Communication Quarterly, vol. 78 numéro 1. [En
ligne] URL :
http://search.proquest.com.ezproxy.bibl.ulaval.ca/docview/216936217?accountid=12008
(consulté le 29 novembre)


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