dimanche 2 décembre 2012

Essai 2 : le courriel et la communication publique


Le courriel et la communication publique


Le courriel, le journalisme et la communication publique, selon l'étudiante Geneviève Labrecque
L’étudiante établit tout d’abord le lien qu’elle perçoit entre la communication publique et la technologie observée, le courriel. Selon elle, le courriel représente un outil indispensable aux journalistes, acteurs indispensables à la communication publique. Dès lors, vous aurez compris que le point de vue adopté par rapport à cette technologie est le journalisme. Dans ce sens, elle ajoute que la communication publique s’est trouvée enrichie de la technologie du courriel puisque cette dernière aurait favorisé la communication bidirectionnelle permettant aux journalistes de se créer plus de contacts et de recevoir de l’information rapidement. Elle ajoute également que ces professionnels de la communication publique voient leur travail amélioré grâce aux téléphones intelligents, lesquels permettent de prendre les courriels partout, en tout temps.

L’exemple d’utilisation du courriel donné par la blogueuse est fort intéressant. Elle propose ici un concept propre au métier du journaliste. Il s’agit de l’entrevue par courriel. Utilisée avec prudence, l’entrevue par courriel permet au journaliste de sauver du temps notamment en évitant les déplacements, nous dit-elle. Des désavantages sont également soulignés, incluant l’effet impersonnel de l’entrevue par courriel. Enfin, la blogueuse ajoute qu’il n’est pas possible pour le journaliste de s’assurer de la véracité de l’information reçue ou de l’identité du correspondant.

Son opinion et sa critique sont alors teintées de négatif et de positif. Elle affirme que bien que le journaliste n’est plus en mesure de se passer de cette technologie principalement grâce à la rapidité qu’elle offre, les désavantages de celle-ci lui font croire que ce n’est pas un bon outil de travail pour les journalistes. Elle se base sur le fait que le courriel manque de confidentialité et qu’il peut engendrer une mauvaise interprétation du message. Enfin, elle croit que le courriel est une tâche supplémentaire qui peut faire perdre du temps aux journalistes, ce qui explique son opinion négative par rapport à cette technologie.

Le point de vue du relationniste
Le rapport entre les journalistes et l’utilisation du courrier électronique est un sujet bien couvert dans la littérature. C’est tout le contraire de la relation des relationnistes avec le courriel (Duke, 2002 : en ligne, point 2.4 premier paragraphe). Malgré tout, les nouvelles technologies de l’information n’ont pas profité uniquement à cette première catégorie d’acteurs de la communication publique. Ces nouvelles technologies, comme le courrier électronique, permettent aux relationnistes d’améliorer, par exemple, les conseils stratégiques donnés à leurs clients (Vardaman Porter et al., 2001 : en ligne, 13e paragraphe). La photo ci-dessous illustre l’évolution de la technologie en général.

(Tran, 2010 : 204)

 Tout comme les journalistes, les relationnistes se sont approprié le courrier électronique à leur façon et l’ont adapté à leurs besoins, comme le démontrent les phases quatre et cinq.

Bien sûr, l’utilisation qu’ils en font est très différente de celle faite par les journalistes. Malgré tout, certains besoins sont similaires. La rapidité, par exemple, est tout aussi nécessaire pour le relationniste que pour le journaliste. Moins le relationniste perd de temps à contacter, diffuser ou justifier ses messages, plus il a de temps pour autre chose, comme l’a démontré l’étudiante à propos du journaliste.

Le courrier électronique est un outil nécessaire dans le travail des relationnistes lorsqu’il est question des relations avec les médias (Duke, 2002 : en ligne, 1er paragraphe). Tout d’abord, le courriel rendrait plus facile l’accès à la couverture médiatique, selon les relationnistes (Duke, 2002 : en ligne,  1er paragraphe). Dans ce sens, il est facile de conclure que le courriel est très utile aux relationnistes, car l’obtention de la couverture médiatique représente une partie importante de leurs tâches en tant que relationnistes (Duke, 2002 : en ligne, point 4.1 2e paragraphe).  Plus encore, 86% des relationnistes interrogés dans une étude auraient affirmé que le web en général a amélioré leur travail de relationniste (Duke, 2002 : en ligne, 1er paragraphe). 

Dans un autre ordre d’idées, le courriel permet au relationniste d’intégrer plusieurs documents en lien avec l’objet du message. Par exemple, lorsqu’une firme de relations publiques est chargée de faire la promotion des produits d’une compagnie, elle peut facilement insérer à un courrier électronique des images de ces produits, un lien vers le catalogue en ligne et un message principal mettant en haleine le destinataire.  Il a été prouvé que l’ajout de photos, de vidéos ou de tout autres documents relatifs à un argumentaire de relationniste rehaussaient ce dernier (CNW, 2010 : en ligne, 20e paragraphe). En insérant plus de documents relatifs à leur nouvelle, les relationnistes voient leurs chances augmentées de voir leur nouvelle publiée par les médias, car ceux-ci aiment avoir beaucoup d’information à se mettre sous la dent.

Les relationnistes ont notamment pour but de créer des relations à des fins déterminées pour leurs clients. Ce faisant, il est important qu’ils détiennent une liste de contact d’une grande envergure. Comme le dit bien Bernard Dagenais, «le succès du relationniste s’exerce aussi au niveau de ses contacts (Dagenais, 1999 : 133)». Fort heureusement pour eux, le courrier électronique leur permet de créer plusieurs listes de contacts selon les différentes catégories souhaitées afin de rapidement distribuer leur message et ainsi rejoindre un grand public en peu de temps. Dans ce sens, le courriel permet aussi aux relationnistes, tout comme aux journalistes, de maintenir des liens de confiance. En envoyant un simple courriel de «joyeuses fêtes», par exemple, le relationniste ne perd pas de temps, mais contribue au maintien de la bonne relation entre lui et les journalistes ou clients. Encore une fois, cet outil s’avère facilitant dans le travail des relationnistes.

Désaccord et opinion
Dans son premier essai, Geneviève Labrecque conclut que «les désavantages du courriel dans le milieu journalistique font pencher la balance et vont jusqu’à me faire penser que ce n’est pas un bon outil de travail pour les journalistes (Labrecque, 2012 : en ligne)». Les désavantages en question sont ici le manque de confidentialité, la possibilité de mal interpréter les messages et le très grand nombre de pourriels (Labrecque, 2012 : en ligne).

Bien que les désavantages soient justifiés et véridiques, je crois que de considérer la technologie du courriel comme un outil inadéquat au travail des journalistes n’est pas réaliste. En effet, nous avons vu plus haut que certains disaient que cette technologie était essentielle aux journalistes notamment grâce à la rapidité qu’elle offre. Par ailleurs, une étude faite auprès des journalistes a démontré que le courriel et le téléphone seraient à égalité quant à la méthode préférée des journalistes pour communiquer avec leurs sources (Duke, 2002 : en ligne, point 2.3, 1er paragraphe).

Or, je crois pour ma part que le courriel est un bon outil pour les journalistes, mais l’est d’autant plus pour le relationniste. Malgré tout, l’un n’est pas dissociable de l’autre, car si l’un utilise cette technologie, l’autre doit faire de même. En 2006, on disait alors que les relations entre ces deux groupes allaient devenir plus virtuelles et que les moyens de communications électroniques allaient modifier cette relation de travail (De Schepper et al., 2006 : 36).  Dans ce sens, une étude a démontré que 66% des relationnistes considéraient comme très importante l’utilisation du courriel quant à la relation avec le journaliste (Duke, 2002 : en ligne, point 3.3, 2e paragraphe). Plus encore, une étude réalisée par CNW en 2010 nous fait part qu’à l’avenir, de plus en plus de journalistes pourraient se fier sur les relations publiques, compte tenu du personnel réduit et de la croissance fulgurante de l’utilisation des médias sociaux (CNW, 2010 : en ligne, 1er paragraphe).

Dans cette même étude, il est mentionné que les journalistes utilisent prioritairement le courriel en ce qui a trait aux argumentaires qu’ils reçoivent : «Quand il s’agit de la présentation d’un argumentaire, la méthode de communication privilégiée des journalistes est le courrier électronique» (CNW, 2010 : en ligne, section médias et RP, 2e paragraphe).  Il est même démontré que traditionnellement, les préférences des journalistes sur la façon de recevoir l’information dictent en quelque sorte la façon dont les relations publiques doivent fournir cette information (Duke, 2002 : en ligne, point 2.4, 2e paragraphe).

Plus que jamais, les journalistes sont à la recherche d’information accessible rapidement : «Une charge de travail accrue, des délais moins longs et une concurrence plus féroce poussent les journalistes à chercher de nouvelles sources d’information (CNW, 2010 : en ligne, dernier paragraphe)». Ce faisant, il est difficile de penser que le courriel ne serait pas un bon outil pour eux.

Or, contrairement aux journalistes, les relationnistes n’ont pas un aussi grand besoin de ressentir les émotions à travers l’information reçue, c’est pourquoi le courriel est plus approprié aux relationnistes qu’aux journalistes. Outre ce détail, les désavantages et les avantages vus au cours de cet essai et dans celui de Geneviève Labrecque sont sensiblement attribuables aux deux groupes. Ce qui est certain, c’est que les journalistes ont besoins des relationnistes et vice versa dans l’accomplissement de leur travail (De Schepper et al., 2006 : 37). 

Utilisation du courriel dans les relations publiques
L’utilisation du courriel dans le travail quotidien du relationniste est à la fois similaire, à la fois différente de celle des journalistes. Tout comme ces derniers, les relationnistes ont eux aussi un besoin d’accessibilité à leurs contacts, ce qui leur est permis par le courriel et par les listes pouvant être créées avec cet outil. Ils ont également le besoin de créer, maintenir et entretenir des relations avec ces contacts. Dans les deux cas, les contacts représentent une composante inhérente à la réussite de leurs tâches.

Toutefois, les relations publiques ont, pour leur part, besoin de rejoindre un grand nombre de personnes à la fois par courriel, ce qui n’est pas toujours le cas pour le journaliste. De plus, le relationniste a l’habitude d’offrir de l’information par courriel, aux médias par exemple, tandis que le journaliste va plutôt utiliser le courrier électronique pour acquérir de l’information.

Ce faisant, le relationniste peut, avec le courriel, maintenir de bonnes relations avec ses contacts qui sont son principal «gagne-pain». Il peut également utiliser le courrier électronique pour envoyer ses communiqués de presse (Duke, 2002 : en ligne, point 3.3, 2e paragraphe), ou faire de la promotion pour un client. Plus encore, le relationniste utilise le courrier électronique pour rejoindre les médias et obtenir une couverture de presse. Sur le sujet, une vidéo faite par une relationniste donne des astuces sur quoi écrire et comment le faire aux médias : 

 (PRconversations, 2011: en ligne)


Enfin, le relationniste peut notamment utiliser le courrier électronique pour faire parvenir des invitations à des événements. Aujourd’hui, les relationnistes combinent ce genre d’envoi par une annonce sur les réseaux sociaux à leurs abonnés ou dans leurs messages privés. Le message que vous voyez apparaître ci-dessous est une invitation m’ayant été faite par une firme de relations publiques de Québec pour m’inviter au premier anniversaire d’un restaurant (SVP voir note en bas de page[1]).


La même invitation a été envoyée par courrier électronique traditionnel (excluant les médias sociaux) à la liste de contacts de la firme de relations publiques en question. Vous pouvez également prendre connaissance du RSVP dans le bas qui doit être fait par courriel. Par cet exemple, il est possible de prendre connaissance de l’importance du courriel pour le relationniste. C’est d’abord sa façon de faire de la promotion, de maintenir un contact et de recevoir les confirmations des invités.

Conclusion et pistes de recherche
L’exemple donné ci-haut m’amène à me demander si les médias sociaux ne dépasseront pas, un jour, le courrier électronique traditionnel. Comme vous le savez peut-être, notre compte Facebook détient maintenant une adresse de messagerie pouvant être utilisée à l’externe. Ce faisant, d’une boîte courriel Outlook ou Hotmail par exemple, quelqu’un serait en mesure d’envoyer un courriel sur le compte Facebook d’un membre.

Il y a quelques mois, un événement Facebook d’une grande envergure a fait prendre conscience à plusieurs que nos courriers électroniques et nos messages privés sur les médias sociaux n’étaient pas aussi «privés» que nous pensions. Sur le sujet, un article résume les événements :

Plus récemment, l’affaire du directeur de la CIA exposait le monde entier à des dangers encore non mesurés aujourd'hui. Par des échanges par courrier électronique, deux membres d’une organisation de sécurité nationale auraient transmis des informations plus que personnelles à des sources externes. Sur le sujet, voici un article troublant de CNN exposant l’ampleur et la gravité de l’utilisation du courriel dans cette affaire : http://www.cnn.com/2012/11/12/us/petraeus-cia-resignation/index.html (Pearson, 2012 : en ligne).

Après avoir lu ces deux articles, nous sommes en droit de nous demander qu’en est-il du contrôle de l’information par courriel? Bien que le courriel soit un outil de communication privé, il reste, compte tenu des deux exemples mentionnés ci-dessus, une source potentielle de conflits à grande échelle. Le courriel expose chacun qui l’utilise à un certain niveau de danger. Notons par ailleurs qu’il n’est pas «compliqué» pour des «hackers» de s’infiltrer dans des boîtes de courriels personnelles pour y dérober soit de l’information, soit l’identité des personnes. Le contrôle de l’information par courriel serait alors un sujet de recherche fort intéressant qui devrait débuter par l’affaire Petraeus…


[1] Compte tenu du caractère privé du courrier électronique, il était impossible de démontrer son utilisation réelle. L’exemple personnel pris ci-haut a été approuvé par le professeur. 



Bibliographie

CNW. 2010. «Étude : les relations publiques occupent une place plus importante que jamais dans les nouvelles salles de presse», Groupe CNW, [En ligne] URL : http://smr.newswire.ca/fr/cnw/study-public-relations-more-important-than-ever (consulté le 28 novembre)

Dagenais, Bernard. 1999. Le métier de relationniste. Québec, Les presses de l’Université Laval, 249 pages.

De Schepper, Séverine et al. 2006. Étude des relations entre journalistes et relationnistes, le point de vue des journalistes. Chaire en relations publiques de l’UQAM, 49 pages.

Duke, Shearlean. 2002. «Wired science : use of World Wide Web and e-mail in science public relations», Public Relations Review, vol. 28 numéro 3. [En ligne] URL : http://www.sciencedirect.com.ezproxy.bibl.ulaval.ca/science/article/pii/S0363811102001352 (consulté le 29 novembre)

Labrecque, Geneviève. 2012. «Essai 1, dissertation sur le courrier électronique», [En ligne] URL : http://genevievelabrecque01.wordpress.com (consulté le 21 novembre)

Pearson, Michael. 2012. «The Patraeus affair : a lot more than sex», CNN, [En ligne] URL : http://www.cnn.com/2012/11/12/us/petraeus-cia-resignation/index.html (consulté le 29 novembre)

PRconversations. 2011. «PR tips: How to Email the Media», [En ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=ZnCt4wRDK_4 (consulté le 28 novembre)

Provost, Lauren. 2012. «Facebook : d’anciens messages privés apparaissent dans les timelines, comment les effacer», Huffington Post, [En ligne] URL : 

Tran, Sébastien. 2010. «Quand les TIC réussissent trop bien dans les organisations : le cas du courrier électronique chez les managers». Management et avenir, vol. 4 numéro 34, p. 200 à 215.

Vardaman Porter, Lance et al. 2001. «New technologies and public relations : exploring pratitioners’ use of online resources to earn a seat at the management table», Journalism and Mass Communication Quarterly, vol. 78 numéro 1. [En ligne] URL : 

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